Gilles Teboul les.artistes.2019 Lart dans les chapelles. Art contemporain et patrimoine en Bretagne

Gilles Teboul, chapelle Saint-Nicolas, Saint-Nicolas-des-Eaux, Pluméliau
L'art dans les chapelles, 2018.
Photo : Aurélien Mole.
Sans titre 2322, 2399, 2404, 2406, 2417, 2418, 2420, 2421, 2465, 2648, 2649, 2659, 2660, 2662, 2668, 2678 et 2680, 2018-2019, acrylique et résine sur toile, dimensions
variables.

Gilles Teboul


Depuis 20 ans Gilles Teboul poursuit sa mise à
distance du geste du peintre. Dans son travail
récent, il va jusqu’à abolir toute implication
gestuelle de l’artiste.
Il verse une résine colorée directement sur les
tableaux posés à plat en équilibre sur des cales,
sans intervenir dans son étalement. La gravité
effectue progressivement son oeuvre tandis que
l’artiste, comme dans la pratique photographique,
attend patiemment l’instant T, quand le liant
acrylique opaque est définitivement fixé, celui de
la révélation. L’oeuvre est dès lors presque donnée
tout entière dans l’instant même de sa conception.
L’artiste est en effet dépossédé de ses actions et
mis à distance de ses réalisations
Autrement dit, l’acte physique de la peinture cède
la place à un procédé où la couleur dans la plus
pure tradition acheiropoïète se couche d’ellemême
sur la toile. Ce terme grec, qui veut dire non
fait de main d’homme, miraculeusement.

Gilles teboul est né en 196, il vit et travaille à Paris.
gillesteboul.com

Chapelle Saint-Nicolas, Saint-Nicolas-des-Eaux, Plumeliau

les.artistes.2019 Chapelle Saint-Nicolas, Saint-Nicolas-des-Eaux, Plumeliau

Au bord du Blavet, à Saint-Nicolas, il existait un prieuré fondé en 1120 par deux seigneurs. Il relevait de l'abbaye de Saint-Florent-le-Veil en Anjou. La proximité de la rivière et la présence d'un pont expliquent peut-être l'édification d'une chapelle dédiée à Nicolas, protecteur des bateliers. 

La chapelle, sous sa forme actuelle, peut être datée grâce à l’inscription placée sur la sablière sud du chœur :  « JEHAN LAYEC FIST LE BOYS DE CESTE (CHAPELLE) LAN MVCXXIIII (1524) ». Le clocheton a été monté au XIXème siècle. Cette chapelle en granite a un plan en croix latine.

A l’intérieur, la charpente de bois était couverte d’un lambris (traditionnellement peint). Elle laisse apparaître des sablières finement sculptées de rinceaux, d’animaux et de personnages. Ces décors sont l’œuvre de Jean Le Layec, charpentier de Moréac, également auteur des sablières de la chapelle Saint-Nicodème, à Pluméliau. Ces sablières offraient souvent l’occasion au seigneur fondateur de placer son blason, signe de sa prééminence ou pour le recteur, d’associer son nom à la réalisation de l’édifice.
Autrefois polychromes, elles recèlent un bestiaire fantastique au traitement naïf, parfois grossier. Hommes écartelés par des licornes, personnages sortant de la gueule d’un dragon, thèmes inspirés du roman de Renart et visages grimaçants, ces représentations sont l’expression d’une certaine culture profane et populaire.
La chapelle a subi des remaniements comme en témoignent les nombreuses baies aujourd’hui comblées.