Emilie Satre les.artistes.2018 Lart dans les chapelles. Art contemporain et patrimoine en Bretagne

2016 encre acrylique et peinture vinylique sur papier coton 155x182 ''

Emilie Satre

Le papier pour ne pas se dire peinture mais dessin, dessein, chemin de la pensée en marche, de la pensée en spirale. Pour ôter la distance, ne pas faire objet mais faire corps. Pour rester fragile, pour ne pas faire épaisseur. Pour rester dans le mouvement, ne surtout pas faire image, rester dans l'inachèvement et l'accomplissement toujours possible. Pour que tout ce qui se dépose laisse trace. Pour rendre le repentir impossible.

Le papier est une arène. Rester en éveil.

La peinture pourtant est bien là.

Et toujours ce chemin sinueux vers la forme. Silencieuse, muette, d’où la figure s'est retirée mais qui souvent en laisse trace, sédiment.

Déplier des motifs. Partir de formes ou de modes opératoires simples, opter pour des couleurs restreintes.
Je cherche a atteindre des équilibres qui tiennent à la fois de la grande stabilité (symétries, répétitions, additions ordonnées de plans colorés, colonnes …) mais aussi, et peut-être surtout, du moment ou cette stabilité est sur le point de chavirer, est rompue (tracé main, ouvertures, ruptures de rythme, incohérences, brouillage des plans …) pour que de cette stabilité naisse le mouvement, pour la remettre en doute.

La peinture se dérobe autant qu'elle ne donne à voir. Rassurante et opaque. Chemin et fermeture. Surface et profondeur.
Une avancée à tâtons dans la forme sans se préoccuper du but.
Répéter, répéter des formes, répéter des gestes et les reformuler sans cesse.

Éprouver le temps, la perte, pour laisser la volonté signifiante de côté.

Le dessin est un rituel, une transe, un vertige. 

                                                                                                                       e.s  2015

Née en 1979, vit et travaille à Montreuil

Les bains douches, Pontivy

les.artistes.2018 Les bains douches, Pontivy

Anciens bains-douches municipaux, ce lieu a été restauré en 2013 par la Ville de Pontivy pour devenir atelier d'artiste, puis espace d'exposition. 
Chaque été depuis 2015, il est mis à disposition de L'art dans les chapelles qui l'investit comme Point accueil et y présente des expositions.